28 novembre 2007
La Religion chez les Mayas
La civilisation maya est une civilisation précolombienne dont l'influence géographique s'est étendue au sud-est du Mexique (péninsule du Yucatan), à l'ouest du Honduras et du Salvador, au nord du Belize et au Guatemala. Apparue au troisième millénaire avant J.-C., elle a connu son apogée du IIIe siècle au Xe siècle avant de connaître une décadence progressive et de disparaître au moment de la conquête espagnole auXVIe siècle.
Alors que l'Europe était encore plongée à l'âge des ténèbres, ce peuple brillant pratiquait la cosmographie, avait inventé ce qui demeure encore aujourd'hui le seul système d'écriture indigène aux Amériques, maîtrisait la science des mathématiques et de l'astronomie et s'adonnait à la computation du temps. La religion fait partie intégrante de la vie des mayas qui croient en une centaine de divinités et pratique de nombreux sacrifices en l’honneur de leurs dieux. Les témoignages de pierre de la civilisation maya ont survécu dans toute leur splendeur à certains endroits, dont Palenque, Tikal, Tulum, Chichén Itzá, Copán et Uxmal, où habitent d'ailleurs les sept millions de descendants de la civilisation maya classique.
La connaissance et la compréhension de la civilisation maya sont très incomplètes et de grandes zones d'ombre subsistent malgré les efforts entrepris depuis le XIXe siècle. En effet, les conquistadors espagnols, puis les missionnaires, ont cherché à détruire toutes les traces de ce passé (comme lors de l'autodafé de Mani, ou les codex mayas furent brûlés).
Le Mexique cherche aujourd'hui à réhabiliter son héritage précolombien et un musée de la civilisation maya a été créé à Chetumal.
Les Mayas croyaient en la récurrence des cycles de la création et de la destruction. Les rituels et les cérémonies étaient étroitement reliés à ces multiples cycles terrestres et célestes. Le rôle du prêtre maya était d'interpréter ces cycles et de prophétiser les temps passés et à venir. Si des temps sombres étaient prévus, il fallait faire des sacrifices pour apaiser les Dieux.
1) La cosmogonie et la cosmologie
Si la religion maya reste en grande partie obscure, on sait néanmoins qu’ils croyaient que le cosmos était séparé en trois entités différentes : le monde inférieur, la terre et le ciel.
Le ciel était composé de treize strates, chacune ayant sa propre divinité. Au niveau le plus élevé se trouvait l’oiseau muan.
Le monde souterrain comportait neuf strates sur lesquelles régnaient neuf seigneurs de la Nuit. Le monde souterrain était un endroit froid et inhospitalier auquel étaient destinés la plupart des Mayas après leur mort. Lorsque les rois mouraient, ils empruntaient le chemin lié au mouvement cosmique du soleil et tombaient dans le Monde inférieur, mais parce qu’ils possédaient des pouvoirs surnaturels il renaissaient dans le Monde céleste et devenaient des dieux. Cet univers souterrain accueillait aussi chaque soir les corps célestes comme le Soleil, la Lune et Vénus, une fois franchi le seuil de l’horizon.
Mourir de mort naturelle faisait trembler les Mayas, surtout en raison du fait que les morts n'allaient pas automatiquement au paradis. Les gens ordinaires étaient enterrés sous le plancher de leur maison, leur bouche remplie de nourriture et d'une perle de jade, et ils étaient entourés des objets et des articles religieux qu'ils avaient utilisés durant leur vie. Les tombeaux des prêtres renfermaient des livres. Les gens de la haute noblesse étaient incinérés - une pratique d'origine mexicaine - et leur temple funéraire était érigé au-dessus de leur urne. Dans les premiers temps, les nobles étaient enterrés dans des sépulcres sous des mausolées. Certains Mayas momifiaient même la tête des seigneurs décédés. Celles-ci étaient déposées dans des oratoires familiaux et «nourries» à intervalles réguliers.
On en sait très peu sur le panthéon maya. Il renfermait un nombre incalculable de divinités dont au moins 166 portent un nom. Cette prolifération s’explique en partie par le fait que chacune des divinités se présentait sous des aspects multiples. Certaines avaient plus d’un sexe, d’autres pouvaient être à la fois jeunes et âgées. Chaque dieu représentant un corps céleste possédait dans le monde souterrain un visage différent qui se révélait chaque soir à sa « mort ».
Les Mayas voyaient la Terre comme une forme plate et carrée. Chacun de ses quatre angles était situé à un point cardinal et était représenté par une couleur : le rouge à l’est, le blanc au nord, le noir à l’ouest et le jaune au sud. Le centre était vert.
Certains Mayas croyaient aussi que le ciel était stratifié et que chacun de ses quatre angles était soutenu par une divinité d’une musculature impressionnante appelée Bacab. Pour d’autres, le ciel était soutenu par quatre arbres de couleurs et d’espèces différentes, et le ceiba vert, ou liard, se dressait au centre.
Pour les Mayas, la forme aplatie de la Terre représentait le dos d’un crocodile géant reposant dans un bassin rempli de nénuphars. Dans le ciel, le pendant du crocodile était un serpent bicéphale, une notion sans doute attribuable au fait que le vocable maya désignant le ciel ressemble au mot serpent.
On en sait très peu sur le panthéon maya. Il renfermait un nombre incalculable de divinités dont au moins 166 portent un nom.
On croit aussi aux forces surnaturelles des esprits de la forêt. Aux quatre entrées de certains villages actuels, sont placés quatre paires de croix et quatre esprits de jaguar, appelés balam, qui ont pour fonction de chasser les démons. On invoque encore les divinités de la forêt dans les rites agricoles et l'on croit toujours que des vents mauvais, qui circulent librement dans le monde, sont cause de maladies et de souffrances tout comme les aluxob, ces nains à l'allure de lutins, qui sont porteurs de malchance.
Pour les Mayas, le monde est une unité vivante où toutes les forces sont personnifiées. Au sommet du panthéon divin siège Hunab, le créateur. Il est si haut que l'on a peu à faire à lui dans la vie de tous les jours. Son fils Itzammà est le seigneur des cieux, le Dieu soleil, inventeur de l'écriture, des livres, du calendrier ; c'est le dieu de la connaissance, un ami de l'homme. Son épouse, Ix Chel, était la déesse du tissage, de la médecine et de l'enfantement et l'ancienne déesse de la Lune.
Chac est le dieu de la pluie fécondante, du tonnerre, de l'éclair, de la fertilité et de l'agriculture. Le dieu du maïs, Yumtaax, est un jeune homme représenté avec des épis de maïs dans sa chevelure ; il représente la prospérité et l'abondance. Quant au dieu de la mort, Ah Puch, il est souvent accompagné du dieu de la guerre Ek Chuah. Les récits mythiques expliquent qu'Hunab a créé plusieurs fois le monde, mais que celui-ci a été détruit par des déluges. Le monde actuel est composé de treize ciels et de treize cercles infernaux. La terre est le siège de la lutte du bien et du mal.
L'homme cherche à se concilier la faveur des dieux par des jeunes, des abstinences, des offrandes, des prières et des sacrifices humains. L'âme est immortelle : elle ira au paradis ou en enfer. Le paradis est un lieu de repos éternel et d'abondance, de nourriture et de boisson. En enfer, des démons torturent les damnés.
Dieux et Divinités principales :
· Ah Puch – Dieu de la mort
· Chac- Dieu de la pluie et du tonnerre
· Camazotz- Dieu chauve-souris, essaie de tuer Hunahpu et Ixbalanque dans le Popol Vuh
· Kinich Ahau- Dieu du soleil
· Ghanan- Un dieu de l'agriculture et de la fertilité
· Kukulkan- Le serpent à plumes
· Gucumatz - Dieu serpent créateur
· Monstres Witz- Les montagnes, que les mayas considéraient comme des dieux
· Hunahpu - Un des jumeaux héros des mayas
· Huracan - Dieu du feu et de la tempête, l'un des dieux créateurs
· Ixbalanque - Un des jumeaux héros des mayas
· Ixtab- Déesse du suicide
· Zipacna- Démon du monde inférieur
· Hunab Ku- Dieu créateur
· Itzamna- Dieu du ciel, de la nuit et du jour
· Tepeu- Dieu du ciel, un des dieux créateurs, il a participé aux trois tentatives visant à créer l'humanité
· Voltan- Humain déifié, dieu de la terre et des tambours marié à Ix Chel
· Ix Chel- Déesse des inondations, de la terre, de la lune et des orages
· Pauahtun- dieux cardinaux
· Buluc Chabtan- Dieu de la mort violente
· Bacabs- dieux cardinaux
· Cabracan- Géant des enfers
· Chicchan- Dieu de la pluie
· Ah Mun- Dieu de l'agriculture
· Xamen Ek- Le dieu guide
· Kisin- Dieu des tremblements de terre
· Uayeb- Dieu de la pêche et des cinq jours malchanceux
· Vucub Caquix- Démon des enfers
· Ek Chuah- Dieu des marchands et de la prospérité
Les sacrifices humains trouvent leur origine dans le mythe de la création de l'homme. Dieu créa l'homme à partir de la pâte de maïs en prononçant les mots : «Ainsi, les hommes devront nourrir les dieux». Il y a donc un caractère contractuel qui lie les hommes aux dieux ; ceux-ci attendent que leurs dons soient payés de retour. Le sacrifice sanglant était donc nécessaire à la survie tant des dieux que des humains, faisant monter l’énergie humaine vers le ciel et recevant en retour le pouvoir divin.
Le sacrifice est associé à l'idée de donner à manger à la divinité. Certaines divinités ont besoin de plus de nourriture que d'autres : le soleil qui est contraint de voyager dans la nuit revient squelettique ; il a besoin de reprendre ses forces, de se reconstituer pour pouvoir se lever, parcourir le ciel et éclairer la terre.
Lors des cérémonies sacrificielles, la victime est immolée à la divinité : son cœur est présenté à la bouche de la divinité qui reçoit l'offrande, puis l'idole est enduite de sang. C'est ainsi que s'effectue le transfert d'énergie entre la victime et la divinité. La coutume voulait que les prisonniers, les esclaves, surtout les enfants et notamment les orphelins et les enfants illégitimes que l’on achetait spécialement pour l’occasion, soient offerts en sacrifice. A chaque divinité correspond un rite particulier durant lequel les victimes sont promises au rang de "substituts du dieu". Pour la divinité de la Pluie, particulièrement vénérée, ce sont des enfants que l'on noie, leurs larmes étant de bon augure pour obtenir des pluies abondantes. D'après les croyances du temps, les dieux sont littéralement "affamés" de nouvelles proies, ce qui explique l'état quasi permanent de guerre qui règne chez les Mayas, comme d'ailleurs chez d'autres peuplades méso-américaines. Les prisonniers vont constituer une sorte de "vivier à sacrifices. Tous les sacrifiés ne sont cependant pas contraints. En effet, les victimes sont promises à une destinée enviable, celle d'accompagner le soleil dans sa course quotidienne, avant de revenir quatre ans plus tard sur terre, sous l'aspect d'un papillon ou d'un colibri. Cette croyance explique que les futurs sacrifiés sont souvent consentants, voire volontaires. La mort n'est pas, en effet, une fin mais, au contraire, le commencement d'une renaissance.
Les sacrifices pouvaient être massifs : ainsi, en 1487, plusieurs centaines de prisonniers sont sacrifiés pour une telle occasion (par exemple, l’inauguration d'un temple).
Mais comme les sacrifices ne sont pas quotidiens, il revient à la classe des prêtres et des nobles de donner à manger aux divinités. Pour cela, ils pratiquent l'autosacrifice : il s'agit de faire couler du sang, puis de le déposer sur l'idole. Par exemple, le roi se servait d’un couteau d’obsidienne ou d’un aiguillon de pastenague pour s’entailler le pénis, dont il laissait couler le sang sur du papier contenu dans un bol. Les épouses des rois prenaient aussi part à ce rite en tirant une corde hérissée d’épines à travers leur langue. On faisait brûler le papier taché de sang, et la fumée qui s’en élevait établissait une communication directe avec le Monde céleste.
(Les spectacles publics de danse et de théâtre rituels, où les rois et les nobles étaient transformés en dieux en entrant dans une transe visionnaire, étaient d'autres moyens de communication avec le monde des esprits. Ponctués de chants, de musique instrumentale, couverts par les cris et les railleries des milliers de personnes venues y assister, ces rites réaffirmaient le pouvoir du roi d'être le réceptacle de pouvoirs surnaturels au profit de son peuple.
On a longtemps cru que les grands sites mayas étaient des centres cérémoniels pas ou peu habités puis on s’est ensuite rendu compte qu’ils étaient habités de façon permanente, avaient des fonctions urbaines, et pouvaient être considérés comme des villes même si leur structure n’avait rien à voir avec celle des villes européennes.
Les habitations sont toutes construites dans un souci d’élévation afin d’éviter les inondations lors de la saison des pluies, dans le cas d’édifices religieux une situation plus élevée commande le respect et, en s’éloignant du mondes des hommes, rapproche du monde surnaturel.
A Tikal les plus grandes constructions sont concentrées sur 1500m de long autour de la grande place, le cœur du site est relié par des chaussées à des édifices isolés ou en groupes distants de 500 à 1000 mètres. On trouve des unités d’habitations composées le plus souvent de deux à cinq constructions assemblées autour d’une place.
On peut définir comme religieux les lieux ou édifices dont la destination principale est d’abriter un culte ou un rituel. Tout édifice peut éventuellement abriter un autel domestique.
La grotte est le lieu religieux ou sacré par excellence. Outre le fait que la grotte est souvent un lieu de sépulture elle est surtout un endroit ou l’on pratique des activités rituelles. En témoignent des constructions, des vestiges abandonnés et parfois des dépôts d’offrandes et plus rarement des peintures tracées sur les parois.
On offrait de l’encens aux esprits commandant la pluie mais les dessins découverts à Naj Tunich montrent des rites d’autosacrifice, des musiciens ainsi que des joueurs de balle. Cela peut se referer à des rites autant souterrains que de surface.
On peut y disposer des objets de culte, des offrandes, des sépultures, des victimes humaines ou animales à travers un trou qui perce le plafond des grottes.
Les offrandes sont fréquemment des poteries qui peuvent avoir servi d’encensoir pour le copal.
L’importance symbolique et religieuse des grottes a été récemment soulignée par la découverte de grottes artificielles qui semblent être une caractéristique de la Méso-Amérique.
Les temples tératomorphes (en forme de monstre) sont considérés comme des grottes artificielles construites à la surface comme avec la gueule béante d’un jaguar, animal représentant la terre.
Les temples dynastiques où le personnage principal est le souverain régnant ou le roi récemment décédé comme dans le temple de Tikal. On attribue aux temples dynastiques un caractère religieux car ils sont souvent trop difficiles à atteindre et trop exigus pour avoir servi de résidence ou de bâtiment administratif. On ne sait rien des cultes que ces temples abritaient ni de leur importance ni de leur fréquence.
Les microcosme sont des édifices ou des ensembles d’édifices représentant l’univers en totalité ou en partie, en deux ou en trois dimensions que les officiants parcouraient rituellement.
Les terrains de jeu de balle ont une grande importance des les civilisations Méso-américaines et dans la civilisation Maya en particulier. Ils font partie des espaces à caractère religieux car le jeu était avant tout un rite.
Pour connaître les rites on peut se baser sur les dépôts de fondation ou les enterrements qui laissent des traces directes dans le sol, d’autres peuvent être illustrés par des images ou encore les édifices et leur iconographie peuvent nous aiguiller sur les rites.
Le microcosme était utilisé afin d’agir sur le macrocosme par le truchement du roi qui peut néanmoins déléguer aux prêtres les taches rituelles. On utilisait aussi les vêtements, les accessoires, la danse, les gestes, les paroles, les chants, les sacrifices comme des manipulations du microcosme agissant sur le macrocosme.
Ce type de rituel donne une importance primordiale aux parcours qui prennent en compte les étages de l’univers et les quatre directions à travers le tracé des villes et des ensembles architecturaux comme les pyramides jumelles de Tikal ou le temple de Copán ou encore Palenque où l’on effectuait des parcours symboliques. On pratiquait sans doute des sacrifices à cette occasion.
Les Mayas utilisaient aussi beaucoup l’encens dont le mouvement ascendant montait vers un autre monde que le nôtre et établissait une communication entre les deux dans l’esprit des anciens Mayas. L’odeur de l’encens devait stimuler l’odorat des puissances invisibles en attirant leur attention. Cette fumée montant vers les cieux devait véhiculer avec elle, une prière ou même une offrande.
La fumée est la matérialisation du souffle vital. Le chamane souffle la fumée de son cigare sur le corps malade pour le purifier par exemple. De même la fumée de l’encens purifie les malades, le victimes du sacrifice, les lieux mais aussi les images car encenser une idole c’est faire une offrande mais aussi un acte purificateur renforçant son pouvoir.
Les Mayas brûlaient très fréquemment le copal (une résine).
Les coutumes funéraires sont extrêmement variables d’un site à l’autre en ce qui concerne la sépulture, la disposition du corps, son orientation et le mobilier qui l’accompagne.
Les gens de la haute noblesse étaient incinérés - une pratique d'origine mexicaine - et leur temple funéraire était érigé au-dessus de leur urne. Dans les premiers temps, les nobles étaient enterrés dans des sépulcres sous des mausolées. Certains Mayas momifiaient même la tête des seigneurs décédés. Celles-ci étaient déposées dans des oratoires familiaux et «nourries» à intervalles réguliers.
Il y a plusieurs types de sépulture : en pleine terre ou dans une tombe voûtée, des sépultures qui correspondent aux divers statuts de l’échelle sociale.
Les corps enterrés l’étaient soit allongés soit fléchis.
Le mobilier funéraire est constitué de récipients en céramique, de simples pots contenant du jade, de la coquille, des éléments marins, du minerai de fer, des pierres taillées, des ossements d’animaux.
A la tête du clergé se trouvait le grand prêtre appelé Ak Kin (« celui du soleil ») Mai ou Ahau Can (« Seigneur serpent ») Mai. Tous les prêtres des villes lui apportaient leurs contributions auxquelles s’ajoutaient de nombreux présents. Cette fonction était héréditaire.
Le grand prêtre était l’autorité suprême en matière religieuse, il donnait son opinion aux seigneurs et répondait à leurs questions.
C’était à lui qu’incombait la responsabilité de former et de nommer les autres prêtres (choisis de préférence parmi les fils de prêtres et les cadets de la noblesse) dont il vérifiait les capacités avant de leur attribuer une charge. On attendait des prêtres qu’ils soient versés dans le calcul du temps, qu’ils connaissent les fêtes, les cérémonies et leurs rites, qu’ils sachent déterminer les jours fastes, qu’ils connaissent les techniques de divination et l’interprétation des codex, qu’ils sachent lire et écrire les hiéroglyphes.
En plus des prêtres existaient les chilans « interprètes » des dieux, sortes de médiums qui devaient servir d’émissaires entre les divinités et le peuple.
Existaient aussi les « chacs » des sortes d’assistants des prêtres qui aidaient lors des sacrifices et des cultes en général.
Il y avait aussi deux « nacoms » dont l’un était capitaine de guerre et nommé pour trois ans tandis que l’autre dont la charge était perpétuelle avait le rôle de sacrificateur.
A travers le clergé l’homme cherche à se concilier les faveurs des dieux par des jeûnes, des abstinences, des offrandes, des prières et des sacrifices humains.
La classe des prêtres et des nobles était chargée de pourvoir à la nourriture quotidienne des divinités soit par l'autosacrifice, soit par la fourniture de victimes humaines, essentiellement des prisonniers de guerre. La guerre possédait donc une fonction sociale précise : l'approvisionnement en victimes pour les sacrifices. On retrouve là une similitude avec la civilisation aztèque.
III. Une organisation sociale et politique fortement influencée par la religion
Il n’existait pas de pouvoir politique centralisé chez les Mayas, ils étaient organisés en états-cités autonomes collaborant souvent, s'entre-combattant parfois.
L'organisation politique était de type " monarchie héréditaire " : la cité était gouvernée par le halac vinic qui disposait des pouvoirs religieux, militaires et civils. Il choisissait au sein d'une classe aristocratique héréditaire, les batabs (chefs locaux, responsables de bourgs ou de villages) chargés de percevoir les redevances et de veiller à l'exécution des ordres. Les batabs et leurs proches formaient la couche supérieure de la société : la noblesse.
Vers 300 av. J.-C., les Mayas ont adopté un système de gouvernement hiérarchique où l'autorité était exercée par les nobles et les rois.
Toute la société et la religion maya étaient organisées autour du personnage du roi-prêtre qui se trouvait au sommet de la hiérarchie sociale et se trouvait au cœur de la cosmologie.
On assimile fréquemment le roi au soleil à travers de nombreuses colonnes ou un guerrier accompagné d’un demi- disque solaire vole ou tombe du soleil. Cette assimilation au Soleil, considéré comme un dieu chez les Mayas, engendre la vision du roi comme l’incarnation des dieux sur la terre donc comme un dieu lui-même. Ainsi il est le mieux placé pour s’adresser aux déités et son rôle de roi- prêtre prend ainsi toute son ampleur.
De plus les prêtres étaient considérés comme agissant au nom du roi et l’absence des prêtres sur les représentations iconographiques des temples de l’époque classique s’explique par le fait que seul le roi méritait d’être représenté en officiant.
Le calendrier Maya est très précis, avec une année de 365 jours divisée en 18 mois de vingt jours chacun, et un 21ème de cinq jours.
Du point de vue de l'astronomie, les Mayas étaient parvenus à construire des observatoires d'une grande précision. Des ouvertures étaient façonnées de manière à pouvoir observer le déplacement des astres et des planètes. Selon nos scientifiques actuels, la précision de ces constructions, et la connaissance mathématique des astronomes de l'époque était telle qu'ils pouvaient prévoir un évènement annuel à quelques secondes.
L'une des constructions les plus fameuses est l'observatoire "El Caracol" de Chichen-Iza, situé au Yucatan. Caracol signifie l'escargot, à cause de sa forme et du trajet en colimaçon, qui permet d'accéder au sommet. Ses murs indiquent la ligne de visée qui divise respectivement les positions du coucher du Soleil et de la Lune à l'équinoxe de printemps.
Les Mayas avaient particulièrement développé le système mathématique qui était, non pas décimal (c'est à dire de 0 à 9) mais vigésimal (utilisant comme base le nombre 20). Ils utilisaient une combinaison du 0 sous le signe d'un ovale, le point pour les unités et la barre horizontale pour le 5. L'ensemble des symboles mathématiques permettait, même aux gens privés d'instruction, d'effectuer des additions et des soustractions à des fins commerciales. Selon les Mayas, certains chiffres étaient plus sacrés que d'autres en raison du rôle spécial qu'ils jouaient. Le 20 en faisait partie, car il correspondait au nombre de doigts et d'orteils sur lesquels les humains pouvaient compter.
L’invention du zéro, bien avant les Indiens et les Arabes, a été révolutionnaire. Elle leur a permis de mener des recherches astronomiques poussées.
En plus de l’astronomie et des mathématiques les Mayas avaient de nombreuses connaissances en médecine, botanique, histoire…
L’écriture Maya apparaît à partir de 300 avant JC. L’écriture Maya passe assez rapidement d’une forme logographique, où chaque mot est représenté par un dessin, à une forme mixte, logographique et phonétique de type syllabique : le mot peut aussi être divisé en unités plus petites, dans le cas maya, des syllabes, chacune représentée par un signe.
Les Mayas utilisaient 800 signes individuels ou glyphes, disposés deux par deux en colonnes se lisant de gauche à droite et de haut en bas. Les glyphes mayas représentaient des mots ou des syllabes se combinant pour désigner n'importe quel concept. Les inscriptions hiéroglyphiques étaient soit gravées dans la pierre ou le bois sur des monuments et des œuvres architecturales, soit peintes sur du papier, des murs de plâtre ou des objets en céramique.
L’écriture maya est actuellement décodée à environ 80 %
On sait qu'ils ont écrit des textes dans différents domaines (médecine, botanique, histoire, mathématique, astronomie,...) mais en raison du zèle des moines franciscains venus avec les conquistadores, à vouloir évangéliser le continent peu de codex nous sont parvenus, parce que détruits ou brûlés. En 1562, l'évêque franciscain Diego de Landa, considérant ces livres comme des "écrits du diable", décide de les brûler en public. On comptait alors 27 codex.
Aujourd'hui, on n'en compte plus que quatre, dont un particulièrement mal conservé : le codex de Dresden (du XIIIème siècle, traitant d'astronomie et d'art divinatoire), le codex de Paris (du XIIIème siècle, traitant d'art divinatoire et de prophéties), le codex de Madrid (qui contient un horoscope et un almanach), le codex de Grolier (mal conservé, et qui traite d'astronomie et affiche un calendrier complet).
Nous pouvons conclure en précisant que la religion maya est un rapport entre deux mondes : le monde dans lequel nous vivons et l'autre monde, le monde de la surnature qui correspond au monde des dieux, des esprits et des ancêtres. Cet autre monde se caractérise par la nature de ses habitants mais aussi par sa position dans l'espace et dans le temps. Il renvoie aussi le plus souvent à l'opposition entre les vivants et les morts.
Les relations entre les deux mondes sont établies par un chamane, qui est craint par le reste de la société car il peut entrer en communication avec les ancêtres « pour le bien comme pour le mal ».
Des rituels très fréquents se déroulent avec la participation de tous les habitants. Pour honorer les dieux, le meilleur moyen reste le sacrifice : soit le sacrifice de plusieurs prisonniers, notamment les enfants, les femmes ou soit l'autosacrifice.
Les colonies espagnoles du Nouveau Monde étaient largement coupées du monde et les ruines de ces antiques cités étaient tombées dans l’oubli enfouies dans la végétation tropicale.
En 1839, un écrivain et voyageur américain John Lloyd Stephens, en entendant les récits de cités en ruine dans la jungle, visite Copan, Palenque, et d'autres sites en compagnie de l’architecte anglais Frederick Catherwood. Leurs croquis suscitent un vif intérêt de par le monde et déclenchent la redécouverte de cette civilisation précolombienne majeure.
De nos jours, une large part de la population rurale du Guatemala, du Yucatán et du Belize descend des Mayas et parle une langue maya.
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09 novembre 2007
La Déesse Mère
Les Déesse Mères
Introduction
On retrouve la présence de la Déesse Mère dès le Paléolithique (3 millions d’années à 10 000 ans avant notre ère) avec ce qu’on a appelé les Vénus, c'est-à-dire les célèbres statuettes représentant des femmes très en chair, voire enceintes. Nombres d’hypothèses ont été émises sur ces représentations féminines très mystérieuses. Selon certains il pourrait s’agir d’autoportraits ce qui légitimerait l’hypothèse d’une présence et d’une action féminine dans le domaine très masculin à cette époque de l’art et de l’artisanat.
Pour d’autres comme l’archéologue Marija Gimbutas, il s’agirait de statuettes sacrées utilisées dans le cadre d’un culte matriarcal. Thèse agrée par la plupart des scientifiques de nos jours même si ces femmes sans visages et à la beauté étrange resteront toujours aussi mystérieuses et intrigantes pour nous.
Vénus de Willendorf, Autriche, 28 000 BP
I. La mythologie nordique
Dans la mythologie nordique, Frigg apparaît comme la première des déesses, elle est l’épouse d’ Odin et la reine d’Asgard. Elle est fille de Jord (la Terre).
C’est une divinité mystérieuse connaissant l’avenir de chaque homme mais ne le révélant à personne. Elle tisse des fils pour les trois divinités du destin : Urd (le passé), Verdande (le présent) et Skuld (l’avenir).
Elle protège le mariage, la maternité ainsi que le foyer. Elle est la mère de Balder, le plus aimé des dieux, qui fut assassiné par Loki à l’aide d’une branche de gui lancée par son frère aveugle, Hoder. En effet suite à un songe de Balder, Frigg avait fait promettre à tous de ne pas faire de mal à son fils, pourtant elle omit malheureusement une branche de gui qui lui parut inoffensive du fait de sa petitesse.
A la suite de la mort de son fils, Odin descendit voir Hel, la déesse des Enfers, qui lui promit de rendre Balder si tous pleuraient son décès. Chacun accepta excepté Loki déguisé en géante qui condamne ainsi Balder.
Loki fut puni en subissant le tourment éternel d’être attaché par les intestins de son fils, un serpent au-dessus de lui laissant tomber son venin.
Au niveau masculin, nous avons Freyr, fils de Njord, frère et amant de Freyja. Il apparaît comme la divinité de la fertilité de par sa puissance virile. Il dispose de la pluie, du soleil et des moissons.
II. La mythologie celte
Au sein de la mythologie celte, Dana apparaît à la fois comme la principale Déesse Mère mais aussi comme la déesse originelle irlandaise ayant engendré les Tuatha dé Danann (littéralement les Enfants de Dana), peuple mythique de l’Irlande.
Dana, aussi appelée Danu, Anu et n’est pas uniquement mère de ce peuple, elle aurait aussi donné naissance aux dieux. Elle apparaît en tant que Triple Déesse (Vierge/Mère/Vieille) et représente donc la Mère Universelle.
Elle est aussi nommée Ana (signifiant « grand-mère » en indo-européen), il semblerait qu’elle joue un rôle funéraire assez important, psychopompe peut être. Néanmoins avec l’avènement du christianisme elle devint Ste Anne, mère de la Vierge et patronne de la Bretagne.
Dana est incarnée dans la Terre elle-même, dans les montagnes, dans les volcans, les cours d’eau, les déserts… On retrouve son nom dans celui du Danube, du Don, des Dane Hills (Cheshire, Angleterre), ainsi que dans deux collines jumelles à Killarney en Irlande nommées « les deux seins d’Anu ». Cette liste n’étant pas exhaustive.
Auparavant l’île d’Irlande était nommée îath Annan, île de la déesse Ana/Anu.
III. La mythologie méditerranéenne
Dans la mythologie méditerranéenne, on peut citer principalement Déméter et Gaïa. Un mythe gréco-romain raconte l’invention de l’agriculture et la naissance des cycles des saisons :
Perséphone cueillait des narcisses dans un champs lorsque Hadès, le dieu des Enfers, surgit et l’enlève dans le but d’en faire son épouse. Déméter, désespérée, se mit à sa recherche et durant toute la période où dura sa quête, négligea la Terre et se déguisa en vieille femme nommée Doso.
Pendant neuf jours elle parcouru la Terre et se rendit à Eleusis chez le roi Céléos et son épouse Métanira. Elle accepta de se mettre au service de la reine et de s’occuper de son fils Démérophon sous le couvert de son déguisement. Déméter désirant offrir l’immortalité à Démérophon le plongea chaque nuit dans le feu pour le débarrasser de ses éléments mortels mais un soir Métanira l’a vit agir ainsi et hurla de terreur alors Déméter se révéla dans toute sa splendeur de Déesse et exigea un temple en son honneur à Eleusis.
Pendant ce temps Zeus voyant la famine s’étendre sur Terre envoya Hermès au Royaume des Enfers pour trouver un terrain d’entente. Le dieu accepta de rendre son épouse à la lumière mais utilisa une dernière ruse pour la lier à lui : il lui donna à manger un pépin de grenade, ainsi elle ne pouvait plus quitter les Enfers.
Une conciliation fut trouvée lorsque Déméter menaça de détruire toutes les récoltes sur terre, il fut décidé que Proserpine passerait 6 mois sur la Terre et le reste de l’année dans l’Obscurité avec son époux.
Ainsi elle représente le symbole de la mort de l’hiver et de la renaissance du printemps, de la dualité mort/ renaissance, lumière/obscurité mais aussi de deux aspects contradictoires de sa personnalité car autant en compagnie de sa mère elle est douce et lumineuse, autant dans son royaume elle se comporte de manière dure et inflexible.
A la suite de ses événements Déméter initia Triptolème, un habitant d’Eleusis à l’agriculture et aux mystères de son culte. Elle est, à l’image de sa fille Perséphone, le symbole de la résurrection. Comme Cérès connu la douleur et Korê la mort et la renaissance elles eurent une grande popularité durant l’Antiquité.
Au début des temps n’existait que le Chaos dont naquirent Gaïa, Eros, la Nuit, le Jour, les Montagnes et Pontos (le flot marin). Gaïa s’autoféconda et fit naître Ouranos, le Ciel, qui, collé à elle devint son époux. Ensemble ils donnèrent naissance aux Hecatonchires (créatures à cinquante têtes et cent bras), aux Titans, aux Cyclopes…
Cette déesse est parfois assimilée à sa fille Rhéa, épouse de Chronos, un des Titans. Ainsi ses filles, Héra et Déméter, apparaissent comme des archétypes de cette divinité primordiale.
Elle a eu comme amant éphémère Héphaïstos, qui, tentant de violer Athéna, chuta et féconda la Terre qui accoucha d’ Erichthonios qu’ Athéna éleva pour devenir roi d’Athènes.
On peut situer le sanctuaire principal de Gaïa à Delphes.
IV. La mythologie égyptienne
Contrairement aux autres mythologies, l’Egypte donne une valeur féminine au Ciel (Nout) et masculine à la Terre (Geb).
Geb est le fils de Shou et de Tefnou, il est toujours représenté allongé sur le dos portant la couronne de la Basse Egypte. Il est le frère et l’époux de Nout, dont les représentations montrent son corps arqué au-dessus de celui de Geb. Ce dernier apparaît souvent avec une peau verte ou brune symbolisant la fertilité, le limon, la végétation.
Geb et Nout donnèrent naissance à deux couples de jumeaux dont la dualité parait évidente : Isis et Osiris, Seth et Nephtys.
Geb fut séparé de Nout par Shou suivant les ordres de Rà. Plus tard, Geb tenta de dérober l’uræus afin de devenir Pharaon mais il échoua. Néanmoins il obtint ce titre à la mort de Tefnou, les pharaons qui le suivirent furent fréquemment appelés les « héritiers de Geb ».
Son lieu de culte se situait à Héliopolis.
V. La mythologie mésopotamienne
Cette civilisation située en Asie Occidentale dont le nom signifie « Entre les fleuves » (le Tigre et l’Euphrate) a subi d’incessantes invasions par les Perses, les Hittites… Cela a crée une cosmogonie sans cesse changeante selon la popularité de telle ou telle divinité.
Néanmoins on peut en tirer qu’à l’aube des temps n’existaient que Tiamat, l’eau douce, et Apsou, l’eau salée, représentant à eux deux l’Océan Primordial et qui en mêlant leurs eaux donnèrent naissance à Anu, Enlil, Ea et Marduk . Mais Apsou, agaçé par ses enfants décida alors de les détruire ce qui engagea une guerre entres les divinités vieillissantes et les nouveaux dieux.
Ils choisirent Marduk comme émissaire qui du combattre Tiamat, transformée en terrifiant dragon pour l’occasion. Il réussit à la vaincre en utilisant la force des vents, puis la coupa en deux. Une partie de son corps alla se greffer sur le Ciel, traçant le chemin du Soleil, de la Lune et des Etoiles, l’autre partie allant soutenir la Terre et créant des montagnes d’où jaillirent le Tigre et l’ Euphrate, la neige et la pluie furent aussi créent de cette manière.
Par Loreley Demi Lune
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